L’aventure d’un business plan

Je reviens un peu à tête reposée sur mes six derniers mois qui ont consisté en aller en cours le matin, manger des burgers le midi, travailler en agence l’après-midi et bosser sur la création d’une entreprise le soir.

Ma dernière année d’études est placée sous le signe de l’entreprenariat avec un business plan à écrire et à présenter en équipe. Le document décrit les grandes étapes de la création et la viabilité d’un produit ou service innovant. L’exercice est usant mais très formateur, probablement plus que la rédaction d’un mémoire. Et puisqu’il est terminé, petit article pour la postérité.

Trouver l’idée

On a tous quelque chose qui nous ennuie dans la vie. Un désir ou une frustration personnelle est un bon point de départ pour une idée de service ou produit. Le walkman de Sony est né ainsi, son inventeur voulait simplement pouvoir écouter de la musique pendant qu’il jouait au golf.

Quand j’étais plus jeune, j’admirais beaucoup les inventeurs comme Q dans les James Bond, les mecs de Mission Impossible ou MacGyver.  C’est peut-être cela qui m’inspire et me donne souvent des idées maintenant. Pas toujours bonnes, le fait d’en parler permet cependant de les affiner ou de rebondir sur d’autres. À ce sujet, l’idée qu’il faut garder secrète de peur de se la faire piquer, quelqu’un d’autre l’a déjà eu ou va l’avoir. Ce qui compte vraiment, c’est comment celle-ci est exploitée et mise en oeuvre.

Si vous êtes toujours en manque d’inspiration, allez jeter un coup d’oeil à The Internet Wishlist où les internautes envoient leur souhaits d’applications et de sites. Et pensez à choisir une idée dans un secteur qui vous plaît, il n’y a rien de pire que de travailler des mois sur quelque chose qui ne passionne pas.
Pour mon équipe, le choix s’est arrêté sur les souvenirs de voyages. L’idée était de proposer un service pour stocker et partager ses souvenirs de voyages.

Le marché

TechCrunch et CrunchBase (actualités et wiki dédiés aux entreprises du secteur internet) permettent d’avoir une bonne première approche de son marché et de ses concurrents. Il faut un peu jouer au détective pour en savoir plus. L’un de nos concurrent bien installé, Everlater tient par exemple un blog d’entreprise, où il y donne des détails sur son architecture technique ou ses perspectives d’évolution. Ce concurrent a aussi reçu des fonds d’investisseurs, forcément les acteurs en parlent et justifient les raisons de l’investissement.

Pour déterminer un ordre de grandeur d’utilisateurs potentiels, outre le classique questionnaire, un truc sympa lu sur Mashable : Investir quelques dizaines d’euros en annonces AdWords qui redirigent vers une page expliquant brièvement le service et demandant de laisser son e-mail, contre un compte gratuit par exemple. On peut ainsi obtenir le nombre d’impressions de l’annonce, son taux de clic et le taux de transformation qui aident à valider une demande sur le marché et à monter des hypothèses et prévisions.

Les avantages compétitifs

Un des points sur lesquels nous avons eu pas mal de difficultés, la question de l’avantage durable, défendable et décisif qui nous rend meilleurs que les concurrents. On n’a pas arrêté de nous citer les exemples de Coca-Cola et sa formule, l’algorithme de Google ou la logistique de Dell, mais est-ce vraiment comparable ? Ces boites avaient-elles ces avantages concurrentiels à leur début ? N’est-ce pas plutôt quelque chose qui a été acquis avec le temps et l’expérience ? Tout ceci m’a paru flou tout le long du projet et je n’ai malheureusement trouvé qu’une réponse claire et satisfaisante seulement après l’avoir rendu, dans l’article de Jason Cohen, directeur d’un incubateur de startups. Traduction ci-dessous.

Voici de faux avantages concurrentiels :

  • « Nous sommes meilleurs en référencement naturel »
  • « Nous sommes meilleurs dans les médias sociaux »
  • « Nous sommes bons en design »
  • « Nous avons des fonctionnalités uniques »
  • « Nous sommes passionnés »
  • « Nous sommes moins chers »

Pourquoi ? Car n’importe quel concurrent peut d’un jour à l’autre faire aussi bien, voire mieux. Ne les mentionnez donc pas, du moins pas comme des avantages concurrentiels durables.

Voici quelques exemples d’avantages concurrentiels qui pourraient être vrais :

  • « Nous possédons une combinaison unique de compétences techniques et d’expérience sur notre secteur »
  • « Notre modèle n’est pas rentable à copier pour les concurrents déjà installés »
  • « Nos CV prouvent que nous sommes capables de réaliser le projet »
  • « Telle personne célèbre nous soutient »
  • « Nous acceptons d’être moins bons sur tous les points sauf en __ »
  • « Nous avons un partenariat exclusif avec acteur important du marché ».

 

Rédaction du business plan

Concernant la rédaction du business plan, je vous suggère de télécharger l’e-book de Guilhem Berhtolet, responsable de l’incubateur de startups à HEC. Son guide est remplit de bons conseils, de même que son blog, si vous avez besoin d’aller plus loin, avec des sujets sur les business angels ou la levée de fonds.

Le site de l’APCE (Aide Pour la Création d’Entreprise) nous a aussi été d’un grand secours, notamment pour les aspects financiers du dossier. S’adressant à tout type d’entrepreneurs, du plombier au e-commerçant, tous les concepts sont abordés de manière simple et accessible. L’espace propose également des modèles de documents financiers.

« L’Art de se lancer » de Guy Kawasaki est tombé par hasard dans mes mains lorsque je travaillais à Fnac.com, avant de commencer mon cursus à HETIC. Lu l’année dernière, l’ancien chef évangéliste d’Apple et aujourd’hui investisseur dans la Silicon Valley, y aborde les grandes étapes de la création de startup d’une manière pragmatique : Positionnement, présentation, recrutement… Les paroles sont incisives et parfois un peu exagérées, mais ont le mérite de rester à l’esprit comme cette règle des 10-20-30.

 

Garder la motivation

Dans le contexte de nos études, nous présentons nos idées chaque semaine à divers intervenants. Comme je le disais plut haut, c’est une chose bénéfique pour faire avancer son projet, mais cela peut aussi être une grosse épreuve psychologique quand l’interlocuteur en face ne crois pas ou ne comprend pas le concept. Il nous est quelques fois arrivé de sortir démoralisé de réunion, de vouloir changer d’idée en cours de route. D’ailleurs notre projet Travel Noter n’était pas notre idée de départ , il fait suite à un concept lié au domaine de la mode qui n’a pas été « validé ». Critiquer est une chose simple à faire et même les grands du web en ont pris.

Les Google boys [Sergey Brin et Larry Page] étaient thésards quand ils sont venus demander conseil à un brillant universitaire de la fac d’Orsay pour indexer le Web. On leur a dit que leur idée ne marcherait pas ! -L’Etudiant

Ne laissez pas les autres vous dire que vos idées ne fonctionneront pas. Dennis Crowley

Parfois la vie vous frappe à la tête avec un pavé. Ne perdez pas foi. Steve Jobs

Je vous invite aussi à vous rendre sur l’excellent Startup Quote qui regorge d’autres citations provenant de divers créateurs d’entreprises.

Le résultat : Travel Noter

Nos six mois de travail ont débouché sur le concept de Travel Noter, un service dédié aux souvenirs de voyages digitaux. en trois volets :

  1. Application mobile pour la capture de souvenirs et synchronisation à la Evernote
  2. Interface web pour éditer et publier ses contenus sous forme de carnet de voyage digital
  3. Livre imprimé à partir du carnet de voyage, comme ceux qui impriment votre Facebook

Ci-dessous quelques maquettes réalisées par Bertrand, de la page d’accueil, interface d’administration et exemples de carnets de voyages d’utilisateurs.




D’autres projets de ma promo

Un peu moins d’une quinzaine de projets ont été rendus par l’ensemble de ma promotion, je termine l’article avec deux qui se présentent rapidement en vidéo.

À la source, une plate-forme de mise en relation directe entre agriculteurs et consommateurs


Screeb’r, un service de création et de partage de contenus riches pour tablettes

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3 Comments

  1. Bonne idée de revenir sur ces 6 mois intenses en réflexion. Ca permet aussi d’en faire un bilan à tête reposée et de voir finalement ce qui allait et n’allait pas. J’en prends note pour essayer de faire la même chose pour notre projet.

    En tout cas, Travel Noter était un bon projet et mal compris par les BA présents.

  2. Zest

     /  24 mai 2011

    Bon billet résumant les points clés de ces six derniers mois.
    Merci nounours pour le petit mot gentil.

  1. My Weekly Selection [#7] | nours.

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